Notions et conseils

Notions et conseils

Cette page est particulièrement destinée aux personnes désireuses de se lancer dans l'art du bonsaï. Nous donnerons les conseils de base utiles à chacun. Les plus chevronnés retrouveront peut-être également quelques notions oubliées ou laissées de côté.

 

REMPOTER, C’EST BIEN…

et si on parlait racines ?

 

Connaître et comprendre le fonctionnement des racines est indispensable, car le travail sur les racines constitue la moitié du chemin qui mène au succès.

C’est au moment du rempotage que nous avons l’occasion de vérifier l’état des racines et d’apporter les amendements qui conduiront notre bonsaï vers une qualité esthétique supérieure

 

-La définition

Dans le « petit Larousse », on lit : organe des végétaux qui fixe la plante dans le sol et y absorbe l’eau et les sels minéraux. C’est bien sûr son rôle essentiel, mais il faudrait y ajouter, au regard des racines apparentes bien réparties, sa vocation esthétique. 

Les racines partent du collet, on en distingue plusieurs types, la racine pivot, les racines fasciculées et les racines adventices.

 

-L’anatomie

La racine se compose de quatre parties :

1-la zone subéreuse qui est la plus âgée, d’où partent les racines secondaires.

2-La zone pilifère qui, comme son nom l’indique, est couverte de « poils » absorbants

3-La zone d’accroissement qui permet à la racine de grandir

4-La coiffe qui protège l’extrémité de la racine lorsqu’elle s’enfonce

-Le rôle des racines

La racine pivot encre l’arbre dans le sol et n’est pas nécessaire dans la culture du bonsaï.

Les racines fasciculées seront bien réparties et étalées dans la coupe, afin de créer un beau nebari. 

A cet effet, on peut couper les racines trop grosses et celles qui se croisent, on peut même les ligaturer pour leur donner du mouvement ou pour les mettre dans la bonne direction. 

Les racines supplémentaires ou adventices viendront s’y attacher.  C’est au niveau des extrémités et des poils que se réalise l’absorption de l’eau et des sels minéraux, c’est pourquoi il est si important de garder un bon système racinaire fin qui participe à l’alimentation de l’arbre.  L’autre rôle des racines est de stocker des réserves qui permettront à l’arbre de vivre au ralenti en hiver.

 

-Les symbioses

Il y a souvent association entre un champignon et les racines de certains arbres, ce n’est pas une moisissure nuisible.  Au contraire, il y a amélioration nette de la nutrition minérale et surtout en phosphate (P) lorsque le bonsaï est mycorhizé.  Ce champignon mobilise des éléments inaccessibles pour la plante, les filaments mycéliens pénètrent le substrat beaucoup plus loin que les poils absorbants.  Le bonsaï mycorhizé se porte mieux, le champignon assure sa nutrition, mais aussi sa protection contre les micro-organismes nuisibles. 

Lorsqu’on dépote un bonsaï, il faut essayer de réintroduire dans le nouveau substrat une partie des pelotes blanches qui se trouvent à l’intérieur ou à l’extrémité des racines. 

 

On trouve les ectomycorhizes

-chez les conifères : pinus, abies, picea, cedrus, juniperus, cupressus,

-chez les feuillus : fagus (hêtre), quercus (chênes), castanea (châtaignier), betula (bouleau), corylus (noisetier), carpinus (charme), alnus (aulne), malus (pommier), prunus (prunier), eucalyptus

 

On trouve les endomycorhizes

-chez le taxus, le séquoia, araucaria, le podocarpus, les érables, le magnolia, les ficus, serissa…

D’autres espèces sont tantôt endomycorhizées, tantôt ectomycorhizées comme : les ormes, les tilleuls, les cyprès, les genévriers…

Quand un bonsaï est traité de façon irréfléchie avec des fongicides, ceux-ci ne sont pas sélectifs, ils détruisent tous les champignons.  Quand on traite il faudra donc bien protéger la motte ou pencher l’arbre, de sorte que le produit n’atteigne pas la terre. 

Le carpophore, issu de la rencontre entre deux mycélium complémentaires est un champignon qui participe, lui, à la décomposition du terreau en sels minéraux que la plante utilise, il est donc aussi bénéfique au bonsaï

 

-La croissance et la régénération des racines

Après la taille des racines, la zone pilifère étant coupée,  l’arbre ne sait plus absorber l’eau convenablement.  A ce moment, si l’arbre a déjà débourré, la traction foliaire réclamant la sève brute fragilise le bonsaï qui risque de périr. 

Voilà  pourquoi on effectue toujours le rempotage avant le débourrement. 

Les racines ont emmagasiné une bonne quantité de réserves qui leur suffiront pour survivre gentiment jusqu’à l’apparition des nouvelles racines à condition que le substrat soit bien drainant pour permettre cette croissance rapide.  Plus le substrat sera drainant, plus les racines pourront respirer.  Si le substrat est trop compact, l’eau ne s’évacue pas, les racines s’asphyxient et pourrissent  Puisque l’absorption ne s’effectue que par la zone pilifère, il est inutile de conserver de longues racines à peine ramifiées.  On visera plutôt à former un bon chevelu bien étalé pour bien nourrir l’arbre dans un espace limité.

 

- Les agressions

Certains champignons peuvent agresser nos bonsaï, ils se développent aux dépens de ceux-ci, ils sont alors parasites.  Ce sont : mildiou, oïdium, maladie des taches noires, ces champignons se manifestent généralement sur les feuilles et peuvent être traités à ce niveau.  Nous avons vu comment plus haut.  Certains virus peuvent être à l’origine d’ agressions au niveau des racines.  Des parasites : hannetons, nématodes, pucerons des racines…peuvent également être présents dans votre substrat, c’est pourquoi il sera indispensable de réaliser un mélange sain, d’utiliser des coupes nettoyées et propres et de mastiquer les grosses racines coupées qui sont autant d’entrées aux envahisseurs.

 

Pour conclure, nous dirons qu’il est utile lorsque vous achetez un bonsaï de vérifier la santé des racines : si les extrémités sont blanches et feutrées, l’arbre est en bonne santé.  Si la motte dégage une odeur de champignon, l’arbre est également en bonne santé.  

Si par contre les racines sont noirâtres ou brunâtres et qu’elles se détachent les unes des autres facilement, cela veut dire qu’elles sont mortes et qu’elles commencent à pourrir, l’arbre est en danger. 

Il faudra éliminer tout ce qui est mort, la quasi totalité des feuilles (laisser au moins une feuille à l’extrémité de chaque branche comme tire-sève), replanter l’arbre dans du sable du Rhin bien drainant, dans un grand pot.  Arroser et installer le convalescent dans une lumière indirecte. (attention jamais de soucoupe sous les pots)

A bientôt

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